Hommage aux fusillés de Noville, le 17 décembre 2016


Hommage aux fusillés de Noville

On les croyait déjà partis
Bien loin d’ici, chassés, déjà chez eux,
Mais dans un dernier sursaut d’orgueil,
A Noville, ils  se sont arrêtés,
Parce que, tant que tout n’est pas dit,
Tant qu’on n’a pas tout tenté,
Il n’y a pas de vaincus,
Et là aujourd’hui en ce 21 décembre 44
Ils sont bien présents,
Pas les sages, pas les justes, pas les gentils,
Mais les durs, les sans cœur, les violents,
Ceux qui veulent rester dans l’Histoire,
Pour des actes, pour des faits,
Pour une barbarie qu’ils jugent indispensable
Et tant pis si ça coûte la vie d’innocents
Et tant pis si chacun perd un parent.


Sous le fallacieux prétexte d’un émetteur radio,
Caché dans le clocher de l’église selon eux,
Ils choisissent un curé, un instituteur, un voisin, un parent
Des papas, des adolescents et même un passant,
Un gars qui n’est pas du coin,
Mais tant pis, il est là, on le prend.
Et les hommes agenouillés, face à leurs bourreaux,
S’inquiètent, se débattent, pleurent leurs proches
Car ils savent  le sort funeste qui les attend,
Puis ils se souviennent des moments de félicité,
Des moments de joie et des moments de liberté,
Et ils sont là, forts, courageux, soudés
Parce que chacun sait qu’il a gagné ce combat
Et que le perdant est l’allemand qui le pointe de son arme
Et malgré les larmes, malgré le chagrin
De laisser leur famille orpheline,
Ils vont mourir comme des hommes
Et donner une leçon  à ceux qui ne le sont plus,
Ils vont mourir pour qu’aujourd’hui, pour que demain,
La liberté, la patrie soient préservées,
Ces martyrs sont nos frères,
Par nos hommages ils sont présents
Puissent les années ne jamais les oublier.

Décembre 2016
Martine Cobraiville

Photos: Lafontaine M.